Aux portes du Paradis

8 novembre 2020

huile2 Dix jeunes filles invitées à des noces prirent leur lampe pour partir à la rencontre de l’Epoux. Le début de la parabole que raconte Jésus semble bien curieuse. Pourquoi ces jeunes filles prennent-elles une lampe alors que l’on se marie normalement en plein jour ? On pourrait sans doute trouver une réponse pratique satisfaisante à cette attitude un peu étrange, mais il vaut mieux élever notre esprit vers les réalités d’en-haut car la portée de la parabole est avant tout spirituelle. De fait, nous en percevons la profondeur si nous nous souvenons de la prière du psalmiste : Ta parole Seigneur est la lumière de mes pas, la lampe de ma route.

Ces dix jeunes filles partent donc à la rencontre de l’Époux, c’est-à-dire de Jésus, le Christ, leur Seigneur et leur Sauveur, avec la Parole de Dieu comme compagne de route, avec l’Ecriture sainte comme guide sur leur chemin.

L’itinéraire nocturne de ces jeunes filles peut être rapproché de la pérégrination d’un croyant : nous allons tous à la rencontre de notre Dieu pour le grand rendez-vous de l’amour, mais la route que nous suivons nous semble bien souvent obscure. Nous ne voyons pas clair dans les situations que nous traversons. Nous hésitons sur les décisions à prendre. Nous nous interrogeons sur ce que le Seigneur attend de nous. Notre Dieu nous a livré sa Parole en nous donnant les patriarches, les prophètes et surtout son Fils en qui nous recevons tout ce qui est nécessaire pour avancer en sécurité sur le chemin. Nous pouvons donc dire avec le Psalmiste : Le Seigneur me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom.

Retrouvons nos dix jeunes filles qui se rendent aux noces. La parabole nous apprend que la moitié d’entre-elles étaient insouciantes et n’avaient pas emporté suffisamment d’huile pour aller jusqu’au bout de la route. Quelle est cette huile qui vient à leur manquer ? On peut y reconnaître l’huile de l’Esprit Saint, celle qui, en brûlant, atteste la présence de Dieu dans la vie des hommes.

L’huile sainte sensée brûler dans nos cœurs, sanctuaires du Dieu Très-Haut en raison de notre baptême, c’est l’Esprit de Dieu, cet Esprit d’amour ardent qui ouvre notre esprit à l’intelligence des Écritures. Sans la présence de l’Esprit Saint, la Parole de Dieu perd sa saveur, elle devient imperméable à notre l’intelligence. L’Écriture sainte se vide de sa vie, elle devient comme morte, ce qui fera dire à l’apôtre Paul : la lettre tue, mais c’est l’Esprit vivifie (2 Co 3, 6). Dans ces conditions, la lampe de l’Écriture ne sert plus à rien et celui qui s’appuie sur elle avance dans la nuit.

Les cinq jeunes filles imprévoyantes demandent de l’huile aux autres jeunes filles, mais celles-ci ne veulent pas partager. Leur comportement peut paraître choquant, mais en fait elles ne peuvent pas leur en donner. Pourquoi cela ? Parce que l’huile qu’elles portent avec elles est le fruit de leurs bonnes actions, de leur prise au sérieux de la Parole de Dieu qui a cultivé l’amour dans leur cœur. Leur être intérieur s’est élargi et l’Esprit Saint a pu ainsi se donner davantage à elles.

Il ne reste plus aux jeunes filles imprévoyantes qu’à partir acheter de l’huile en pleine nuit. Auprès de qui ? Auprès des pauvres, des malheureux, des rejetés et des méprisés de ce monde, en posant des actes de charité vraie. Mais, si l’on en croit la parabole, ce sursaut intéressé de charité ne sert à rien, car il est trop tard, bien trop tard. L’époux est déjà passé, il a emmené avec lui les invitées prêtes pour le festin des noces.

Voilà le destin malheureux des baptisés qui prennent l’Évangile à la légère. La sanction tombe, irrémédiable. La pauvre malheureuse qui s’adresse à l’Époux à travers la porte, obtient cette réponse terrible de son interlocuteur : Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas. L’Amour ne reconnais que l’amour. C’est l’amour vrai que nous aurons vécu qui seul nous ouvrira les portes du Paradis.

Textes du jour :
Sg 6, 12-16
Ps 62 (63), 2, 3-4, 5-6, 7-8
1 Th 4, 13-18
Mt 25, 1-13