Quand sonne le réveil

icolivre Quand une cité somnole, quand l’humanité se berce d’illusions, le Seigneur envoie ses prophètes réveiller les foules endormies. Il les alerte ainsi des dangers qui les menacent pour éviter que n’advienne le pire. C’est ce qui se passe dans le récit du prophète Jonas que nous entendons ce dimanche.

Ninive somnolait, assommée par son péché. Mais la prédication de Jonas, malgré la mauvaise humeur et le manque de bonne volonté du prophète, sonne le réveil de la grande ville : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! »

Dans la proclamation du prophète, récalcitrant et sans espérance, les habitants de Ninive reconnaissent la voix de Dieu qui les invite à sortir de leur sommeil. Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne et prirent des vêtements de deuil, manifestant ainsi la profondeur de leur désir de conversion.

Quel bel exemple que ces païens si réactifs à la Parole de Dieu, si pleins de bonne volonté, si désireux de répondre à l’appel du Seigneur. Ils entendent le bref avertissement du prophète, prennent au sérieux l’imminence du châtiment divin et se convertissent immédiatement. La proclamation prophétique porte chez eux un fruit généreux car ils se sont laissés atteindre par cette voix qui ne leur veut que du bien. Ils ont compris que l’annonce du châtiment leur était faite pour éviter que ne survienne la condamnation. Dieu, en effet, « ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive » (Ez 33, 11).

Le comportement très démonstratif des Ninivites extériosent la profondeur de leur changement intérieur. Ils désirent s’ajuster à l’attente divine non pas simplement par des pratiques superficielles, mais de tout leur être. La sincérité de leur conversion touche le cœur de Dieu et l’amène à renoncer au châtiment.

Textes du jour :
Jon 3, 1-5.10
Ps 24 (25), 4-5ab, 6-7bc, 8-9
1 Co 7, 29-31
Mc 1, 14-20