Le courage d’écouter

Dans une pièce où règne unanimement la conspiration du silence, une parole de vérité résonne comme un coup de feu.

Dans l’Église d’aujourd’hui, il y a beaucoup trop de silence. Czeslaw Milosz disait, dans son discours de réception du prix Nobel : « Dans une pièce où règne unanimement la conspiration du silence, une parole de vérité résonne comme un coup de feu. »

Fondamentalement, le courage de parler s’enracine dans le courage d’écouter. Osons-nous écouter ceux qui ont d’autres idées théologiques que nous ? Osons-nous écouter ceux qui se sentent étrangers à l’Église ? Écoutons-nous ceux que leur vie a mis en marge, parce qu’ils sont divorcés et remariés, ou homosexuels, ou vivant en concubinage ? Nous n’en aurons le courage que si nous avons écouté en silence la voix la plus dérangeante de toutes, celle de notre Dieu. Si nous sommes capables de nous tenir en silence devant Dieu et d’entendre sa Parole, ressuscitée des morts, alors aucun silence ne pourra nous tenir prisonniers d’aucun tombeau.

Source : Timothy Radcliffe, Les sept dernières paroles du Christ, p. 102.