26e dimanche du temps ordinaire

Si ton oeil t’entraîne au péché

27 septembre 2009

Faut-il se mutiler pour entrer dans le Royaume des cieux ? La question peut surprendre. Elle se pose cependant, tant sont vigoureuses les paroles de Jésus dans l’Évangile de ce jour : « Si ta main t’entraîne au péché, coupe-la… Si ton pied t’entraîne au péché, coupe-le… Si ton œil t’entraîne au péché, arrache-le. »

L’intransigeance du Seigneur déroute certainement son auditoire, car ni lui-même ni ses auditeurs n’ignorent les méditations de l’Ecclésiaste rappelant que tout homme, même le juste, est pécheur (Qo 7, 20).

Le caractère outrancier, hors norme, inapplicable, des recommandations de Jésus montre que sa parole n’est pas à prendre au pied de la lettre. L’enseignement du Sauveur n’invite pas à l’automutilation. Il veut éveiller les consciences, les sortir de leur torpeur, les faire réagir, pour échapper à l’engourdissement du péché.

Il n’y a pas de petits péchés. Ou plutôt, aucun péché n’est compatible avec le Royaume des cieux. Telle est sans aucun doute la pointe de la prédication de Jésus. Le chrétien ne peut se satisfaire d’une sorte d’accord tacite avec le mal, même dans les petites choses. Il se doit de le combattre, toujours et partout, car s’il ne s’oppose à pas l’Adversaire, il s’élève nécessairement contre Dieu.

Ce combat connaît des défaites, mais aussi des joies inespérées. L’important est moins de vaincre que de combattre, de résister au mal, en commençant par ce qui peut sembler le plus insignifiant. En effet, ce sont souvent de modestes victoires qui changent la trajectoire d’une vie. Elles sont comme ces aiguillages qui, réorientant à peine l’itinéraire d’un train, en modifient radicalement la destination ultime.

Textes du jour :
Nb 11, 25-29
Ps 18 (19)
Jc 5, 1-6
Mc 9, 38-43.45.47-48